Une rencontre sur la construction de bâtiments et l’énergie a été organisée par l’Académie nationale des sciences et techniques du Sénégal (Ansts). Une occasion qui a été saisie pour revenir amplement sur l’architecture bioclimatique.

Les bienfaits de l’architecture bioclimatique

D’emblée, il serait important de faire comprendre aux lecteurs la notion d’architecture bioclimatique avant de revenir sur son importance dans la résolution des problèmes d’architectures ainsi que son impact dans l’économie d’énergie avec l’architecte Mbacké Niang.

Qu’est-ce que l’architecture bioclimatique ?

La conception bioclimatique permet de tirer le meilleur parti des conditions d'un site et de son environnement afin d’obtenir une architecture naturellement confortable et agréable pour ses utilisateurs. A côté des moyens architecturaux, la conception bioclimatique utilise les énergies renouvelables disponibles sur le site (énergie solaire, géothermique, éolienne, et plus rarement l'eau), an ayant recours le moins possible aux moyens techniques mécanisés, mais également aux énergies extérieures au site généralement polluantes et non renouvelables, tel que les énergies fossiles ou l'électricité.

Constructions bioclimatiques : une solution aux problèmes d’architectures

Lors de sa communication, l’architecte Mbacké Niang a exposé sur le thème : « Pour bâtir des établissements humains durables en Afrique (urbanisme, architecture, construction) grâce à la synergie de l’habitat bioclimatique, de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables ». 

Ainsi, l’architecte et enseignant-chercheur Mbacké Niang a estimé qu’il faut « repenser notre architecture pour qu’elle soit bioclimatique, efficace en énergie, mais aussi pour qu’on puisse profiter des énergies renouvelables ». 

Pour lui, si l’architecture doit être bioclimatique, cela suppose, souligne M. Niang, que les bâtiments vivent. « Quand on a chaud, on grelotte. Le bâtiment, aussi, bien construit, doit pouvoir briser le soleil, éviter que le rayonnement solaire ne rentre, mais que la luminosité rentre ». 

« Au Sénégal, il y a trois typologies de construction : moderne, traditionnelle et coloniale », explique-t-il. Mais aussi différentes que puissent être ces typologies, la finalité reste pour l’homme le confort. 
« Le confort suppose la relation entre la température et l’humidité extérieure, et la température et l’humidité intérieure, et par rapport à l’activité de l’occupant. On se sent très bien quand on considère qu’on ne transpire pas beaucoup ou qu’on ne grelotte pas beaucoup. L’être humain a toujours besoin d’un équilibre thermique », dit-il. Cet équilibre, il peut le retrouver dans le bâtiment traditionnel ou colonial. 

« On pense que si on tire parti de l’habitat colonial avec ses épaisseurs de murs assez importantes, avec ses hauteurs de plafond, ou bien l’habitat traditionnel avec de matériels traditionnels comme le banco ou la paille, on peut, avec quelques innovations, faire en sorte que les bâtiments soient confortables et qu’ils économisent de l’énergie », préconise Mbacké Niang. 

Les pouvoirs publics doivent s’impliquer

Mais économiser de l’énergie suppose aussi une implication des pouvoirs publics dans la régulation des appareils électroménagers qui entrent dans le pays. « Avec la Cedeao, on est en train de structurer une approche de normaliser tout produit électroménager en Afrique. D’abord mettre en place de norme, avoir des laboratoires pour contrôler et avoir une politique de recyclage », explique le chercheur.

 

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